| Le roi est mort. Vive la reine ! |
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| Ecrit par Webmaster le 26-05-2009 (lu 1103 fois) | |
Non reconduit dans sa fonction, Roland Debély s’est retiré avec une certaine élégance. A sa décharge, sa tâche était des plus difficiles : on s’attire guère de sympathie lorsqu’il s’agit de réformer un système aussi sensible que celui de la santé. A sa décharge toujours, il avait hérité d’un terrain en friche et de nombreux chantiers en cours de construction sur lesquels il avait peu d’influence. Au surplus, n’ayant pas su s’imposer et se faire respecter des contremaîtres du chantier, il a pâti de l’attitude généralement supérieure affichée par ces derniers à l’égard de la population. En plus de problèmes structurels non résolus, nous devons dorénavant faire face à des problèmes conjoncturels. Nous sommes maintenant en période de récession économique et ce ne sont pas 26 millions d’économies qu’il s’agit de réaliser comme en 2005, mais plutôt 36 millions. La pression sur les structures de soins – et sur les collaborateurs de celles-ci – va immanquablement s’accentuer et c’est le patient - contribuable - assuré qui fera en définitive les frais de l’opération. C’est dire si Gisèle Ory va au devant d’une tâche difficile. Aussi le sentiment qui domine actuellement – sentiment sanctionné par le verdict des urnes - c’est que la situation est pire en 2009 qu’en 2005, époque où l’on prétendait pouvoir faire mieux avec moins. Non seulement, les économies prévues en 2005 n’ont pas été réalisées, mais encore nous sommes aujourd’hui dans une situation beaucoup plus compliquée. De grosses structures ont été mises en place (HNe, NOMAD, CNP) qui aboutissent à une étatisation du système sanitaire et qui n’ont pas à ce jour apporté la preuve de davantage d’efficacité et d’efficience. Il y a en effet des indications qu’on ne peut ignorer selon lesquelles la qualité des soins est en train de baisser. En outre, les personnels de soins, toutes fonctions confondues, souffrent de ne pas être reconnus et subissent de plein fouet les conséquences du stress engendré par les réformes. On peut, hélas, prédire qu’ils ne sont pas au bout de leurs peines. L’excellente connaissance de la problématique sanitaire que possède Gisèle Ory – et que n’avait pas Roland Debély – ne sera pas de trop pour favoriser l’émergence de solutions. Mais auparavant, il importera de s’arrêter sur les problèmes. Il importera de s’arrêter, tout court. Paradoxalement, une bonne gestion du changement présuppose la capacité de s’arrêter. Ce dont sont généralement privées certaines autorités plus promptes à blâmer les quidams de résistance au changement qu’à évaluer la portée de leurs décisions discutables. S’arrêter, cela devrait signifier : · cesser de prendre les citoyens pour des ânes pour commencer à les informer honnêtement ; · profiter de la réunion des états généraux de la santé pour faire le bilan des réformes entreprises et pour essayer de parvenir à une lecture partagée des problèmes ; · cesser de mettre l’accent sur les structures de soins pour se concentrer sur les processus, et surtout sur les personnes qui animent ces processus ; · mettre en place des cercles de qualité comme celui qui, réunissant médecins, pharmaciens et fournisseurs de prestations à Fribourg, permet d’économiser quelques millions chaque année ; · faire cesser la politique d’apartheid administratif du service de la santé publique et rappeler aux cadres de ce service qu’ils sont au service des administrés, et non le contraire ; · soumettre ce service à un audit de son fonctionnement et l’obliger à mettre en place un système de new public management. En bref, c’est essentiellement une culture de la remise en question et de l’amélioration continue qu’il s’agit de développer si l’on ne veut pas aboutir en 2013 à une situation pire que celle qui prévaut en 2009. Il faut souhaiter bon courage à Gisèle Ory. Elle en a besoin. |
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