| Les Etats généraux de la santé : un premier bilan provisoire |
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| Ecrit par Webmaster le 26-10-2009 (lu 1261 fois) | |
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Le samedi 24 octobre 2009 se sont tenus à Cernier les premiers Etats généraux de la santé sur le thème de « Imaginons le système sanitaire de demain ». Le matin, ouvert au public, trois orateurs ses sont succédés sur les thèmes de la promotion de la santé : quel politique avec quel moyen ? (Dr. P.-F. Robert), les coûts du système de la santé neuchâtelois : une fatalité ? (Prof A. Holly) et la planification hospitalière : quel consensus imaginable ? (M. Th. Burgener). Le public a pu exprimer ses avis et poser des questions pendant les intervalles de 10 minutes entre chaque présentation et une table ronde de 45 minutes à la fin de la matinée. L’après-midi, les participants invités ont participé à des travaux en ateliers sur les thèmes du matin. Ces travaux ont ensuite été présentés en séance plénière et la manifestation s’est clôturée, comme elle avait commencé, par une allocution de la Conseillère d’Etat Gisèle Ory. La rédaction de neuch-a-venir a souhaité recueillir l’avis de Philippe Maire, auteur d’un ouvrage critique sur la santé dans le canton de Neuchâtel qui a émis sur notre site certaines réserves relatives à l'organisation de l’événement. NAV : Peut-on qualifier d’historique ces Etats généraux de la santé ? PM : Certainement. A ma connaissance, c’est la première fois qu’ils se tiennent en Suisse. Même s’ils ont eu lieu plusieurs fois en France, la première fois en 1998, à l’initiative de Bernard Kouchner. Il faut dire que la santé, dans notre canton, est dans une telle impasse, tant du point de vue des coûts que de la planification hospitalière, que cela justifie la nécessité de réunir toutes les parties, population comprise, pour essayer d’en sortir. NAV : A priori, vous aviez parlé d’Etats semi-généraux de la santé ? Est-ce que vous maintenez votre point de vue ? PM : Je maintiens que c’est dommage de n’avoir pas donné davantage la parole à la population et de n’avoir pas l’avoir associée aux ateliers de l’après-midi. On aurait très bien pu, par exemple, mettre en ligne un site internet permettant aux citoyennes et citoyens d’exprimer leurs opinions. D’un autre côté, c’est aussi la suite qui sera donnée à cette manifestation qui déterminera s’il s’agissait d’Etats généraux ou semi-généraux de la santé. Dans tous les cas, il faut bien commencer par quelque chose et je suis ravi que le Grand Conseil ait demandé et obtenu la tenue de cette large réunion. NAV : Et quelle suite attendez-vous de ces Etats généraux de la santé ? PM : Il appartient maintenant aux autorités sanitaires de faire la synthèse des discussions et, d’après ce que nous a dit Madame Ory, de poursuivre si nécessaire le processus au moyen de groupes de projets. Selon notre Conseillère d’Etat, ce premier pas pourrait être suivi d’autres. Dans la situation actuelle, je crois qu’on n’a de toute façon pas d’autre choix que de persévérer dans la démarche positive qui a été entreprise. Nous sommes condamnés à l’optimisme. NAV : Des solutions concrètes ont-elles pu être dégagées ? PM : Non, pas vraiment. Mais ce n’était pas le but, je crois. Cette réunion était surtout consacrée à la présentation de thèmes généraux, et non pas à la résolution de problèmes opérationnels. Le premier résultat concret, c’est que cette manifestation a permis aux personnes de se rencontrer autour d’une problématique, et ceci est suffisamment rare dans notre canton pour être souligné. NAV : A quel atelier avez-vous participé et qu’en est-il ressorti ? PM : J’ai participé à l’atelier consacré à la problématique des coûts de la santé et j’y ai exprimé l’avis personnel que les coûts ne sont jamais que l’expression symptomatique d’un problème plus vaste. Et, qu’en l’occurrence, ce qui est en définitive coûteux, c’est l’absence d’approche globale des problèmes, ce qui indique forcément que l’on ne dispose pas de politique sanitaire à proprement parlé. L’idée a été émise dans cet atelier de créer dans notre canton un observatoire neuchâtelois de la santé auquel serait confié le soin d’identifier les coûteux dysfonctionnements systémiques et de proposer des solutions. La balle est maintenant dans le camp de la classe politique. NAV : qu’est-ce que vous entendez par « dysfonctionnement systémique » ? PM : C’est un dysfonctionnement qui empêche une bonne interaction entre les parties qui composent un système donné. Un exemple très simple parmi d’autres concerne les assistant(e)s en soins et en santé communautaire (ASSC) qui font une formation de 3 ans équivalente à celle, anciennement, des infirmières assistantes et que dans une directive cantonale absurde, on considère comme du personnel non qualifié. Conclusion : nous formons à la Chaux-de-Fonds du personnel qualifié qui doit aller travailler dans d’autres cantons où leurs capacités sont reconnues ! Ceci dans un contexte où, en Suisse, nous allons manquer de quelque 25'000 collaborateurs qualifiés dans nos institutions de soins… NAV : la question des initiatives à l’encontre de la loi sur l’EHM a-t-elle pu être discutée ? PM : Non, pas à ma connaissance. Ce n’était d’ailleurs pas le but, même si la question des initiatives a naturellement plané sur les débats. NAV : A-t-il été question de la situation de l’hôpital de la Providence ? PM : Oui, notamment en séance plénière à la fin de l’après-midi. Et aussi dans l’atelier consacré à la planification hospitalière auquel je ne participais pas. Les crispations subsistent manifestement entre le haut et le bas et il reste des dogmatiques qui veulent exclure l’hôpital de la Providence de la planification hospitalière. Sans réaliser que transformer l’hôpital de la Providence est une mesure au détriment de la population neuchâteloise. Il faut en effet comprendre que c’est notre population qui a besoin de l’hôpital de la Providence davantage que le contraire. Et, dans tous les cas, nous serons libres d’aller nous faire soigner où nous voulons en 2012. La personne qui en peut pas aller à l’hôpital de la Providence parce qu’elle n’a pas d’assurance complémentaire pourra toujours aller se faire soigner à Bienne ou à Yverdon, plutôt qu’à La Chaux-de-Fonds. Dans ce dossier, certains confondent encore reconnaissance des hôpitaux et fourniture des meilleures prestations possibles à la population. NAV : En définitive, quel impression générale vous laisse cette manifestation ? PM : Au-delà du fait qu’elle a permis aux personnes de se rencontrer, je retiens deux éléments. Le premier, c’est que la conscience d’une approche globale des problèmes est en train d’émerger. Ceci est très important, car notre principal problème, c’est l’absence de concertation ou de concordance. Le deuxième élément, c’est que cette réunion pourrait marquer le retour aux affaires attendu et bienvenu de la classe politique. Pour reprendre une image de mon livre, un(e) capitaine qui reprend la barre en mains pourrait signifier qu’on pourra renvoyer les machinistes aux machines qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Là où ils ont leur rôle utile à jouer.
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PM : Au-delà du fait qu’elle a permis aux personnes de se rencontrer, je retiens deux éléments. Le premier, c’est que la conscience d’une approche globale des problèmes est en train d’émerger. Ceci est très important, car notre principal problème, c’est l’absence de concertation ou de concordance. Le deuxième élément, c’est que cette réunion pourrait marquer le retour aux affaires attendu et bienvenu de la classe politique. Pour reprendre une image de mon livre, un(e) capitaine qui reprend la barre en mains pourrait signifier qu’on pourra renvoyer les machinistes aux machines qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Là où ils ont leur rôle utile à jouer.