… mes ennemis, je m’en occupe moi-même. Telle aurait pu - ou dû ? - être la devise de Jean-Paul Jeanneret (JPJ pour les intimes). Ironie du sort : celui qui s’était fait une spécialité managériale de tenir à l’écart tous ceux qui ne partageaient pas son avis - et ils étaient quelques uns - s’est fait mettre au rancart par celle avec laquelle il n’était pas d’accord lui-même. Que le prince de l’ostracisme autocratique se fasse virer par la reine du discours opportuniste a d’ailleurs largement retenu l’attention de la foule des villageois. Et causé un émoi certain dans un service dont les cadres se considéraient souvent comme un état dans l’Etat.
Ce n’était un secret pour personne : entre le chef du service de la santé publique et sa ministre de tutelle (JPJ aimait bien rappeler à SES administrés que le SCSP était leur « service de tutelle »), ce n’était pas l’amour fou. Logiquement, entre ces deux personnes de pouvoir, les rapports ne pouvaient être que tendus. Toutefois, rien ne laissait présager que le règne sans partage que JPJ exerçait depuis 2002 sur la santé neuchâteloise trouverait un pareil épilogue. Rien n’indiquait non plus que c’est à une camarade de parti l’on devrait une mesure que le très radical et très consensuel Roland Debély n’a jamais osé prendre, au grand dam de ses conseillers personnels.
Quoi qu’il en soit, la destitution de son altesse JPJ 1er est une bonne occasion de faire le bilan de ce règne dont le dénouement a été accueilli avec un certain sentiment de soulagement par bon nombre de professionnels de la santé. Mais aussi avec quelque inquiétude.