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La déliquescence du système sanitaire neuchâtelois provient, pour une bonne part, d'une gestion approximative de ce système par des autorités sanitaires privées de vision systémique. Toutefois et plus globalement, le domaine de la santé qui prévaut en Occident - ce que l'on appelle le système biomédical de la médecine - est confronté à des problèmes croissants qui menacent à terme sa pérennité. Cet article leur est consacré.    

imageLa santé physique d’un individu est évaluée au moyen de ses signes vitaux que sont le pouls, la tension artérielle, le poids, la respiration et la température. Sa santé mentale - plus difficile à apprécier - peut se mesurer par la capacité à aimer la vie, la résilience, l’adaptation au stress, le sentiment d’accomplissement, la flexibilité, ou encore la capacité à ressentir et à nommer ses émotions (l’intelligence émotionnelle). Sa bonne santé sociale réside dans la qualité de son réseau social et dans le soutien qu’il obtient, en cas de besoin, de sa famille, de ses proches ou de ses collègues de travail. Aussi, le sentiment de relatif bien-être qui caractérise la personne qui se considère en bonne santé résulte-t-elle d’une combinaison subjective de ces divers éléments.
La santé sociétale décrit, quant à elle, la santé d’une certaine population dans un contexte donné, laquelle sera déterminée par des variables que nous nous proposons de présenter ci-après. Souvent, la santé sociétale est réduite au taux de chômage, lequel est trop approximatif pour donner une indication fiable de la santé d’une population ; on peut très bien, en effet, avoir un travail, d’une part, et être pauvre ou avoir des idées suicidaires, d’autre part.Pour se faire une idée de la santé sociétale du canton de Neuchâtel en cette fin 2006, je choisis de prendre en considération les cinq phénomènes sociologiques que sont :
1.      les suicides,
2.      les interruptions volontaires de grossesse (IVG),
3.      les bénéficiaires de rentes AI,
4.      les personnes émargeant à l’action sociale,
5.      les working poor.
Peut-être existe-t-il d’autres variables susceptibles de fournir des informations à même de contribuer à l’appréciation de la santé sociétale ; aussi, la présentation qui suit n’a rien d’exhaustif et les lecteurs sont invités à apporter leur contribution à la présente réflexion.A l’instar du coût social induit par les restructurations d’entreprises, la santé sociétale fait l’objet de très peu d’études, non pas parce qu’elle est particulièrement difficile à évaluer, mais pour la simple raison qu’en général personne ne se sent responsable d’un phénomène essentiellement collectif. Ce qui ne signifie pas que les responsables n’existent pas.
imageLe jeudi 9 novembre 2006 s’est tenue, dans la salle des chevaliers du Château de Neuchâtel, une présentation par le collectif des travailleurs sociaux neuchâtelois des situations souvent dramatiques que vivent certains démunis consécutivement aux mesures prises par le gouvernement cantonal, avec l’appui d’une majorité de députés.
Le lendemain, dans L’Express, l’événement était relégué en deuxième page, dans un article qui, s’il est bien écrit, reste de dimension modeste et qui est, de surcroît, placé discrètement - et symboliquement - en bas de page.
Ce traitement de l’information interpelle d’autant plus qu’en première page, on trouve un éditorial annonçant à la population qu’une entreprise vaudoise proposerait désormais des cours d’appui aux élèves neuchâtelois qui en auraient besoin. L’intéressant éditorial consacré à cette nouvelle de première importance insiste sur les risques d’apparition de système éducatif à deux vitesses. Quel privilège pour les lecteurs neuchâtelois qu’on leur présente une nouvelle fois ce débat audacieux, moderne et original sur la relation entre le pouvoir d’achat des parents et les chances de réussite de leurs rejetons !
La remise à l’ordre dont Sébastien Bourquin, Conseiller général de Neuchâtel, a fait l’objet par le Bureau du Conseil général laisse une distincte impression de gêne, sinon de malaise. A l’origine de l’objet du délit, Sébastien Bourquin a l’outrecuidance de fournir sur son blog www.sebastien-bourquin.ch des informations considérées comme confidentielles, car portant sur les séances de la commission financière dont il est membre. Voilà donc un élu qui se fait tancer par ses pairs pour avoir commis le crime de lèse-majesté consistant à informer des citoyens, un blâme qui est ensuite commenté dans la presse par un représentant de l’administration communale. Cette affaire serait assez grotesque en soi, si elle ne soulevait pas quelques questions portant sur la libre expression, et la circulation de l’information en général, dans le débat démocratique.
imageCe n’est pas parce que les hausses de nos primes maladie seront modérées cette année – et cette année seulement – en raison du vote prochain sur la caisse unique qu’il ne se passe rien en ce début d’automne sur le front des réformes sanitaires dans notre canton. Jugez plutôt !
Au 1er janvier 2007, une nouvelle ordonnance fédérale sur les prestations de l’assurance des soins entrera en vigueur qui vise à réduire les consultations psychiatriques. A partir de cette date, les psychiatres devront, avant la dixième séance, informer précisément les médecins conseils des caisses maladie sur l’objectif et le but visé par le traitement. Les médecins conseils devront, dans le délai de dix jours, décider si le traitement peut continuer pour trente séances supplémentaires. Aujourd’hui, une telle démarche n’est exigée qu’à partir de la 60ème séance. Lorsque le pouvoir des médecins conseils augmente, c’est manifestement au détriment de celui des médecins traitants et surtout au grand dam des patients.  
imageDepuis trois mois qu’il est en ligne, le site neuch-a-venir a reçu plus de 4000 visiteurs, une fréquentation qui témoigne du grand intérêt manifesté pour la problématique de la santé dans le canton de Neuchâtel. Cette bienveillante attention est vraisemblablement imputable à l’incidence des coûts de soins sur le déficit cantonal, d’une part, et à la charge imposée aux ménages par les primes d’assurance maladie et les impôts, d’autre part.
imageEn raison de ses coûts de plus en plus élevés, les systèmes sanitaires issus du modèle biomédical de la médecine sont soumis à un besoin croissant de réformes, qui se trouvent être l’apanage du système politico-administratif. Et, en cas de carence du pouvoir politique, il s’en suit que très souvent le rôle moteur de la réforme est joué par l’appareil administratif, par les services de santé publique. Le problème ici, c’est que le fonctionnaire est à l’administré ce que le médecin est au malade, c’est-à-dire un spécialiste qui fait croire aux gens qu’ils iront mieux parce que quelqu’un sait mieux qu’eux. Pour l’administration, chaque réforme représente notoirement une nouvelle opportunité d’étendre son influence, sa taille et son contrôle sur les activités.
imageUne pétition, ratifiée par les collaborateurs et les familles des résidents des institutions membres de l’ANEDEP, a recueilli plus de 900 signatures en moins de trois semaines. Les pétitionnaires demandent au Conseil d’Etat de bien vouloir (...)
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... ou le lire en ligne ci-après.
imageLa fonction du système politico-administratif - appelé ainsi en raison de la forte imbrication des deux composants - est, en finalité, d’assurer le bon fonctionnement du système sociétal.  Or, tous les systèmes sont naturellement soumis au principe dit « d’entropie », lequel veut que le désordre doive s’accroître, l’information se perdre et l’instabilité disparaître.
Pour simplifier à l’extrême, le principe d’entropie implique que tout système va immanquablement vers une dégradation naturelle. C’est un principe universel dont il est possible d’observer le déploiement dans des domaines aussi variés que l’astrophysique ou la physique des particules, en passant par la thermodynamique, domaine dont l’entropie constitue le deuxième principe. C’est le principe d’entropie qui induit que l’on doive, à intervalles réguliers, changer de véhicule, ou entretenir les routes.