Il faut l'admettre : rien ne semble pouvoir stopper l'inévitable augmentation de nos coûts de soins, alors que, dans le même temps, nos ressources financières diminuent. Le vrai problème, selon l'auteur, réside dans ce modèle de pensée réductionniste et matérialiste qui a servi au 19ème siècle de berceau à notre médecine occidentale. Autant il s'est révélé remarquablement utile pour le développement des soins à apporter au corps, autant ce paradigme apparaît futile pour satisfaire les besoins spirituels des humains.
Partant du point de vue que nous ne sommes pas qu'un corps, Philippe Maire est donc d'avis que la réintroduction d'une dimension spirituelle dans les soins est désormais nécessaire. Dans la pratique sanitaire, cela suppose pour lui de : mieux prendre en charge la douleur ; redonner sa place à la mort ; favoriser la pratique de l'art du deuil.
Extraits de la préface de Thierry Janssen : « La santé est dans un impasse. ( ) Ce que nous appelons un système de santé est en fait un système de maladie un système qui est en bonne santé tant qu'il y a des malades à soigner. ( ) Il semble que l'idée de réintroduire une dimension spirituelle dans les soins soit une bonne idée. ( ) C'est même, je pense, le meilleur projet que l'on puisse avoir pour notre médecine ( ) ».
En librairie, ou directement chez l'éditeur: Jouvence.
Qu'on se rassure ! Si les religions traditionnelles sont en perte de vitesse, les occasions de s'adonner à une foi aveugle sont plus nombreuses que jamais. Les nouveaux prêtres ont troqué la toque et la tiare contre la blouse blanche, la calculette et la seringue, ils invoquent aujourd'hui les statistiques plutôt que les écritures saintes, mais ont conservé le principe fondamental de l'ancien système : ils exigent une obéissance aveugle à leur crédo, cette fois au nom de la raison scientifique et de la santé publique.
Dans une récente lettre ouvert où il répondait à un avis critique sur la réforme sanitaire neuchâteloise, M. Roland Debély, chef du Département de la santé et des affaires sociales, déclarait que : « Cette réorganisation (du système de santé) n’a été rendue possible que parce qu’une réelle vision politique existe et qu’elle est partagée par une très grande majorité des acteurs impliqués : pouvoir politique, population, monde médical, organes dirigeants des institutions concernées. Ce succès est le fruit d’un large consensus seul garant de victoires dans un système démocratique comme le nôtre, n’en déplaise à M. Maire (l’auteur des critiques en question).