Politique de la santé

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Au terme d’une longue étude démarrée en 2008, le Conseil d’Etat s’apprête à soumettre au Grand Conseil un projet de planification médico-sociale pour les personnes âgées de notre canton.
Ce projet porte à l’évidence les marques de fabrique de son concepteur, l’ancien chef du service de la santé publique Jean-Paul Jeanneret : privilégiant avant tout le maintien à domicile, il a été élaboré pour ainsi dire sans consulter ni les professionnels, ni les personnes âgées concernées et il repose pour sa réalisation sur la contribution souhaitée des communes, de bénévoles et autres proches aidants. 
Avec son aimable autorisation, nous publions ci-dessous la réponse de l’Association ANEDEP (Association Neuchâteloise des Directeurs d’Etablissements médico-sociaux Privés) à la consultation en cours. Globalement, la position exprimée par l’ANEDEP rejoint celles exprimées par les autres associations d’EMS. 

imageLe leadership suppose une vision destinée à donner du sens et une direction, ainsi que la capacité de traduire de manière convaincante cette vision en objectifs opérationnels. Gisèle Ory abaisse cet art au rang de simple attitude. Comme si l’apparence de la droiture, de l’efficacité et de la cohérence suffisait en soi à transformer ces valeurs en compétences.
imageIl est d’usage, en fin d’année, de faire un bilan des activités de manière à mesurer le chemin parcouru et de poser ainsi les jalons des futures dispositions à prendre. S’agissant de l’organisation sanitaire neuchâteloise - certains parleront sans doute plus volontiers de désorganisation - le fait le plus marquant pour 2009 réside, d’après moi, dans la volonté affichée par la classe politique d’assumer son leadership.
Aussi bien les député(e)s du Grand Conseil que la nouvelle Conseillère d’Etat, Madame Gisèle Ory, semblent désormais déterminés à se réapproprier la maîtrise de décisions dont ils se sont laissé déposséder. J’ai eu l’occasion, dans mon ouvrage consacré à la santé dans le canton de Neuchâtel, de prôner une telle évolution. Nous avons connu ces dernières années - et connaissons encore, hélas - de très sérieux problèmes à tous les niveaux du système. Pour la clarté du propos et pour bien saisir ce qui se joue, il est utile de distinguer trois niveaux : le niveau de contrôle, le niveau structurel et le niveau opérationnel.    
imageLe samedi 24 octobre 2009 se sont tenus à Cernier les premiers Etats généraux de la santé sur le thème de « Imaginons le système sanitaire de demain ».
Le matin, ouvert au public, trois orateurs ses sont succédés sur les thèmes de la promotion de la santé : quel politique avec quel moyen ?  (Dr. P.-F. Robert), les coûts du système de la santé neuchâtelois : une fatalité ? (Prof A. Holly) et la planification hospitalière : quel consensus imaginable ? (M. Th. Burgener). Le public a pu exprimer ses avis et poser des questions pendant les intervalles de 10 minutes entre chaque présentation et une table ronde de 45 minutes à la fin de la matinée.
L’après-midi, les participants invités ont participé à des travaux en ateliers sur les thèmes du matin. Ces travaux ont ensuite été présentés en séance plénière et la manifestation s’est clôturée, comme elle avait commencé, par une allocution de la Conseillère d’Etat Gisèle Ory.
La rédaction de neuch-a-venir a souhaité recueillir l’avis de Philippe Maire, auteur d’un ouvrage critique sur la santé dans le canton de Neuchâtel qui a émis sur notre site certaines réserves relatives à l'organisation de l’événement.
imagePour rappel, le 28 janvier 2009, le Grand Conseil décidait par 71 voix contre 30 de réunir les Etats généraux de la santé dans le but de poursuivre la nécessaire réforme du système sanitaire neuchâtelois. Au départ, il était question de réunir toutes les parties concernées par la problématique de la santé et de donner une large possibilité à la population d’exprimer ses avis sur le système en place et ses attentes quant à son évolution future.
Initiés au départ en 1998 par Bernard Kouchner, alors secrétaire d’Etat à la santé, les objectifs des Etats généraux français de la santé étaient de :
1.       contribuer à l’adaptation du système sanitaire ;
2.       organiser le dialogue et la concertation.
De manière à favoriser l’expression des opinions des citoyens, une série de mesures furent introduites en France qui allaient d’une consultation sur l’appréciation du système de santé (au moyen d’un questionnaire anonyme) à un forum permanent sur internet. Dans chaque région, un appel à projets fut lancé « afin de permettre la mobilisation de l’ensemble des acteurs et l’émergence d’initiatives de toutes natures ». Et finalement, une douzaine de thèmes nationaux furent discutés au cours de forums organisés dans de grandes villes de province. Neuf mois après son lancement, le débat tenu a généralement été considéré comme fructueux par la mobilisation qu’il a suscitée et par le type d’expression qu’il a permis.
A Neuchâtel, hélas, les Etats généraux de la santé n’ont pas encore eu lieu qu’on a la claire impression que la logique a été inversée : plutôt que de donner la parole à la population, ils seront, pour les autorités sanitaires, l’occasion de prêcher leur sainte parole.
Sur quoi se base cette impression ?
imageLa loi sur l’EHM (Etablissement hospitalier multisite, devenu Hôpital neuchâtelois HNe) votée le 5 juin 2005 renforçait les prérogatives du Conseil d’Etat au détriment de celles du Grand Conseil, lequel n’était informé des options stratégiques prises par l’EHM et de la réalisation des objectifs que par un rapport quadriennal établi par le Conseil d'Etat (Loi sur l’EHM, art. 12). En outre, le Grand Conseil était privé de regard sur le budget et les comptes de l’EHM, ne pouvant les adopter que par le biais du budget et des comptes de l’Etat.
Il n’a pas fallu très longtemps aux député(e)s du Grand Conseil pour réaliser qu’ils s’étaient fait déposséder de toute influence sur la gestion de ce qui est devenu entretemps l’Hôpital neuchâtelois. Dans sa session du 29 septembre 2009, le Grand Conseil traitait de l’initiative communale déposée le 30 septembre 2008 par les villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds, ainsi que par six communes du Val-de-Travers.  Cette initiative demandait un changement fondamental de la loi sur l’EHM.
Bonne nouvelle : les initiants ont obtenu gain de cause. Du moins partiellement. 
imageDéposée le 30 septembre 2008, l’initiative communale des villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds demandait un changement fondamental de la loi sur l’EHM. Elle doit être débattue au Grand Conseil dans les prochains jours.
Déplorant « l’esprit même de l’institution que représente Hôpital neuchâtelois (HNe) ainsi que des responsabilités qui devraient être les siennes », les initiants dénoncent l’absence de politique de formation (moins de 10 apprentis engagés sur l’ensemble des sites !) et le culte du secret où « certains cadres d’expérience se plaignent d’avoir été exclus des processus de réflexion, et dans lesquels les licenciements semblent intervenir de manière soudaine sans aucun plan social à l’appui ».
Dans ce qui ressemble à un cafouillage général, les initiants souhaitent savoir « qui pilote tout cela et qui prend la responsabilité des conséquences de ces décisions. Or le problème vient justement de là : la structure actuelle permet un renvoi systématique des responsabilités entre le Conseil d’Etat, plus précisément le département de la santé, qui n’a pas les compétences opérationnelles pour diriger HNe, et les organes directeurs qui agissent sur la base des objectifs financiers qui leur ont été demandés, mais qui par ailleurs n’ont que faire des lignes directrices qui ont été posées au départ par les autorités politiques ». (source : www.lessocios.ch).
imageLe 5 août 2009, le parti socialiste neuchâtelois déposait son initiative en faveur d’un équilibre régional des missions hospitalières. Curieuse initiative s’il en est, et qui invite à formuler quelques commentaires.
Pour la petite histoire, elle a été lancée il y a plusieurs mois, lorsque le parti socialiste était majoritaire au législatif comme à l’exécutif cantonal. Jusqu’ici, l’initiative était un instrument destiné à permettre à une minorité de se faire entendre par une majorité. Y aurait-il des difficultés de la part des camarades de base de se faire entendre par les camarades élus ?!

Depuis, l’eau a coulé sous les ponts de l’Areuse et le ministre de la santé de centre-droit d’alors a été remplacé par une ministre de gauche, de surcroît originaire des Montagnes Neuchâteloises. Y aurait-il encore et toujours péril en la demeure ? La pérennité de l’Hôpital de La Chaux-de-Fonds serait-elle menacée au point qu’il faille monter au créneau pour exiger une garantie formelle d’équilibre sanitaire entre le Haut et le Bas ? Est-ce que – horreur ultime – il y aurait en matière de planification hospitalière des choses qu’on nous aurait cachées ?!

imageDans l’espoir d’être reconduit à la fonction qu’il occupe tant bien que mal depuis quatre ans, Roland Debély est occupé à se présenter orbi et urbi comme un grand rassembleur et un scrupuleux démocrate.  On peut lire dans le Libertés Neuchâteloises du 16 janvier 2009, que « La poursuite des réformes est nécessaire, la méthode devra être adaptée (ce qui présuppose qu’elle était quelque peu inadaptée auparavant…). L’objectif et les mesures devront résulter d’un consensus entre les partenaires concernés. C’est ensemble que nous ferons avancer le canton ».
Le propos est tellement intégrateur qu’on en aurait presque la larme à l’œil : on serait tenté de le qualifier de gaullien, s’il ne prêtait pas tant à sourire. Ou à grimacer. Hélas, il y a en effet un gouffre abyssal de l’image fabriquée de toute pièce par l’agence de communication en charge de sa campagne, d’une part, et la réalité des dossiers qui lui incombent, d’autre part.
La santé neuchâteloise : comment sortir de l’impasse?

Date: mardi 17 mars 2009, de 20h00 à 22h00
Lieu: aula des Jeunes-Rives à Neuchâtel


imageDans son récent ouvrage (La santé dans le canton de Neuchâtel, un E/état précaire qui ne présage rien de bon, éd. Mon Village), Philippe Maire a essayé de présenter pour quelles raisons le système de soins neuchâtelois est trop coûteux et dysfonctionnel. Selon cet expert en gestion hospitalière, la nécessaire réforme sanitaire en cours, loin de le rendre plus économique et plus efficace, produit des effets contreproductifs et pathogènes : stress alarmant des collabo-rateurs des institutions hospitalières et dégradation de la qualité des soins.
L’auteur y présente aussi une série de recommandations pour essayer d’améliorer le fonctionnement de notre système sanitaire, au premier rang desquelles figure une attitude différente de la part des administrés à l’égard de leurs « autorités ».
Toutes celles et tous ceux que la problématique de la santé intéresse - en particulier les représentant(e)s de la classe politique – sont invités à participer à cette conférence-débat consacrée aux solutions susceptibles de nous aider à sortir de l’impasse.
Entrée gratuite.
imageJe salue le vote quasiment historique - et courageux - du Grand Conseil de réunir les états généraux de la santé dès le début de la prochaine législature. Je le salue avec d’autant plus de satisfaction que c’est une mesure que je préconise depuis 2005.  Nous avons perdu quatre ans, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Avec quatre initiatives concernant la loi sur l’EHM et un Conseiller d’Etat qui demande naïvement « Quelle base permet d’affirmer que la population est dans un état de crise de confiance ? » (cf. article de Santi Terol dans l’Express / Impartial du 28.01.2009), il est aujourd’hui indispensable de marquer un temps d’arrêt pour évaluer la portée des mesures prises à ce jour et pour relancer une nécessaire réforme sanitaire actuellement au point mort. 
La santé est une problématique politique qui requiert une approche et un engagement allant au-delà des futiles clivages haut-bas ou des oppositions stériles entre gauche et droite politique. Une telle décision - prise par 71 voix contre 30 - annonce-t-elle l’amorce d’une nouvelle prise de conscience où l’intérêt général de la population neuchâteloise l’emporterait sur des considérations de politique politicienne auxquelles nous ne sommes que trop habitués ? En aparté, ce résultat très net est attribué par le directeur général de l’Hôpital neuchâtelois et le chef du service de la santé publique au vote de « la gauche de l’extrême gauche »… Comme quoi, Roland Debély est remarquablement assisté quand il s’agit d’être coupé d’avec la réalité.

Disposer d’un système de soins efficace à un prix abordable, est-ce trop demander?

imageTelle est la question à laquelle Philippe Maire tente de donner des éléments de réponse dans son livre intitulé « La santé dans le canton de Neuchâtel - Un E/état précaire qui ne présage rien de bon ».
Nous avons tous l’impression que le système sanitaire neuchâtelois est comme un bateau ivre qui ne sait pas où il va. Dans son livre - dont chaque député(e) a reçu un exemplaire - l’auteur expose quelles sont, selon lui, les causes du problème : absence de plan de navigation, boussole défectueuse, commandant de bord introuvable, et surtout machinistes à la barre.
Alors que la mer est houleuse et parsemée de récifs, cet ouvrage comporte également quelques suggestions pour tenter de donner un cap à ce bateau ivre, au premier rang desquelles figurent une évaluation des mesures déjà prises et la réunion des états généraux de la santé.
Pour en savoir plus: cliquer ici.

imageIl est aujourd’hui largement admis que le système de santé appliqué en Occident est malade. Les symptômes sont connus : les résultats thérapeutiques sont décevants - alors que les coûts de soins sont en constante et inévitable augmentation - et des pratiques sanitaires déshumanisées caractérisent de trop nombreuses institutions de soins.
En revanche, ce qui est nouveau, c’est la prise de conscience que notre modèle de santé biomédical constitue une menace alarmante pour la santé des personnes. Aux maladies nosocomiales contractées dans les institutions de soins s’ajoutent désormais les problèmes de santé iatrogéniques engendrés par la pratique de la médecine et les risques inquiétants de burn-out qui pèsent sur les soignants.

imageRéforme hospitalière dans le canton de Neuchâtel: le Val-de-Travers refuse la nouvelle répartition des soins.
imageUne initiative populaire vient d’être lancée contre la décision prise le 18 janvier 2008 par le gouvernement neuchâtelois d’implanter l’unité femme-mère-enfant à l’hôpital de La Chaux-de-Fonds… en 2015. D’ici là, les prestations de gynécologie, d’obstétrique, de pédiatrie et de néonatologie seront fournis par l’Hôpital Pourtalès à Neuchâtel. L’Hôpital de La Chaux-de-Fonds aura, quant à lui, pour tâche d’accueillir le centre locomoteur (orthopédie, traumatologie élective, rhumatologie).
En 2015, ces deux dispositifs devraient donc en principe subir une rocade sous la forme d’un double déménagement 
Le gouvernement qualifie de décision politique et symbolique une prise de position qui relève davantage du marchandage (déménagement de la Haute Ecole ARC du Locle à Neuchâtel contre une hypothétique implantation à La Chaux-de-Fonds de l’unité femme-mère-enfant) que d’une cohérente politique sanitaire. Ce n’est pas avec ce genre de décision que les impôts et les primes d’assurance maladie de la population neuchâteloise vont baisser !
imageNous connaissions déjà la devise de Jean-Paul Jeanneret : « le meilleur moyen de faire des économies est de ne pas entrer en discussion » (cf. article du même titre sur ce site). En réponse au sondage de L’Express – Impartial concernant l’impact de la prévention sur les coûts de soins, le responsable cantonal de la santé publique exprime en outre l’avis insolite que la prévention ne fera pas baisser les coûts de la santé.
Pour étayer cet avis des plus discutable et ô combien alarmant, Jean-Paul Jeanneret cite le cas de l’installation du nouveau médecin qui entraîne des coûts de soins supplémentaires, comme si l’installation d’un nouveau médecin constituait une mesure de prévention sanitaire… Etonnante corrélation de surcroit entre des coûts additionnels provoqués par l’accroissement de l’offre en soins (ce qui est indéniable) et l’inutilité d’une attitude préventive en matière de santé… Jean-Paul Jeanneret conclut son « analyse » en exprimant l’opinion que même si la santé de la population s’améliore, les coûts de soins vont continuer d’augmenter. En d’autres termes, pour le chef de service, une population responsable, consciente des enjeux et de mieux en mieux portante n’aura de cesse de consommer des prestations dont elle n’a pas besoin !
Au-delà de l’incohérence de l’avis exprimé, c’est naturellement la faiblesse du raisonnement qui inquiète. Et qui justifie que l’on s’attarde un peu sur la problématique de la prévention sanitaire. Ne serait-ce que pour alimenter la flamme vacillante de la lanterne du chef de service.     
imageAssurément, notre gouvernement est plus prompt à décider la fermeture d’un élevage piscicole qu’à choisir le site où implanter l’unité mère-enfant. Le 21 août 2007, l’Hôpital neuchâtelois émettait l’avis que la création d’un site unique mère-enfant était indispensable et urgente. Selon le rapport établi par le Dr Pierre Arni, faute d’une décision rapide, le maintien d’un service d’obstétrique dans le canton était menacé à court terme. Jean-Pierre Authier qualifiait même la situation « d’alarmante ».
Qu’à cela ne tienne : le 3 septembre 2007, le Conseil d’Etat décidait qu’il était surtout urgent de ne rien précipiter, et donc de continuer de confier les accouchements aux hôpitaux de Neuchâtel, de La Chaux-de-Fonds et de Couvet ! De deux choses l’une, soit la situation est véritablement alarmante et il importe que le choix d’un site unique se fasse sans délai, ou la situation n’est absolument pas urgente, et on peut très bien se satisfaire de la situation actuelle. Comment qualifier un Conseil d’Etat qui ne prend pas de décision alors que les professionnels de la branche et la classe politique sont unanimes à considérer que la désignation d’un site unique est nécessaire ?! A force de chercher à ménager la chèvre et le chou et de prendre les citoyens pour des demeurés, on pourrait courir le risque de fâcher tout le monde et de ne pas être réélu en 2009…
imageNotre ministre de la santé poursuit son bras de fer avec l'industrie pharmaceutique. Les prix d'un millier de médicaments seront passés au crible. Pascal Couchepin a annoncé mardi ce réexamen extraordinaire dont il espère des économies annuelles de l'ordre de 100 à 150 mio. La mesure concerne tous les médicaments admis dans la liste des spécialités remboursées entre 1993 et 2002.
imageDepuis quelques mois, la presse se fait l’écho d’attaques insidieuses de la part de politiciens chaux-de-fonniers de toutes tendances contre l’hôpital de la Providence auquel il est généralement reproché d’être au bénéfice d’un traitement de faveur de la part de l’Hôpital neuchâtelois. Un peu comme si l’on soutenait que Cendrillon jouissait d’une affection profonde et préférentielle de la part de sa marâtre.
Pour mémoire, un mandat de prestations lie l’hôpital neuchâtelois à l’hôpital de la Providence auquel l’ophtalmologie, l’orthopédie élective et la dialyse ont été confiés, toutes missions dont il s’acquitte à l’entière satisfaction de tous. Enfin, de presque tous. Car il y a quelques politiciens à l’esprit aussi étroit que chagrin qui persistent à faire croire que l’hôpital de la Providence profiterait de privilèges particuliers.
Dans la mesure où la santé est un problème politique, il est peut-être utile de consacrer quelques lignes aux égarements de certains élus.
imagePréparé de longue date dans les commissions de l’Etat, le rapport du Conseil d’Etat sur le projet de loi sur le Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP) est soumis au Grand Conseil dans sa prochaine session (29-30 mai 2007).
La même structure que pour Hôpital Neuchâtelois est proposée : toutes les institutions, publiques et privées sont rassemblées dans une seule entité, indépendante de l’Etat, avec un conseil d’administration et un comité directeur fort à sa tête, à qui l’Etat alloue une enveloppe financière réduite. Le coeur du projet consiste à déconnecter la politique de la santé -dirigée par un comité directeur, un conseil d’administration et un Conseil d’Etat chargé de l’approuver - des décisions financières soumises à des règles spécifiques (réduction de l’endettement, équilibre global). Le Grand Conseil recevra un rapport d’activité et se limitera à voter un budget global qui aura tendance à être raboté chaque année puisqu’on ne discutera plus des conséquences pratiques des décisions financières sur la santé de la population. Les mêmes problèmes que pour l’Hôpital Neuchâtelois surviendront à coup sûr : devoir agir en fonction d’une enveloppe définie a priori (et à la baisse), indépendamment des besoins (par définition, a priori, en partie inconnus), n’ira pas sans tensions, ni sans casse.
imageAu départ, en 2005, nous pensions avoir atteint le fond du gouffre creusé par la gestion égotique de Monika Dusong : après Genève, Bâle-Ville et Vaud, Neuchâtel était le canton dont les coûts de soins étaient les plus élevés de Suisse. Conséquence logique d’une gestion pitoyable des finances publiques, notre canton se caractérisait par une fiscalité parmi les plus lourdes, des primes d’assurance maladie parmi les plus élevées de Suisse et figurait au quatrième rang des cantons les plus endettés par habitant.
Au départ, en 2005, nous pensions avoir tout pour réussir le redressement de la situation : une nouvelle équipe qui avait pris conscience du caractère structurel du vertigineux déficit cantonal et un nouveau chef de département qui semblait déterminé à réformer le système sanitaire. L’instabilité du système pouvait être perçue comme autant d’opportunités de le faire évoluer et les bonnes volontés étaient disponibles partout pour apporter leur contribution à cette noble tâche.
Mars 2007 : malgré la démission de quatre médecins adjoints du service de pédiatrie chaux-de-fonnier les autorités maintiennent que la pédiatrie hospitalière sera concentrée sur Neuchâtel.
Mai 2007 : le Conseil d’Etat décide de geler sa prétendue réforme sanitaire après l’échec du plan d’actions de l’Hôpital neuchâtelois.
Que s’est-il passé pour que l’on en arrive là ?!
imageDans la foulée de l’acceptation de NOMAD (Neuchâtel organise le maintien à domicile), les députés du Grand Conseil adoptaient sans opposition le 6 septembre 2006 un postulat radical demandant « un état des lieux général des besoins et possibilités en matière de maintien et de soins à domicile, afin de développer cette politique dans le canton ». Le postulat précisait qu’une « telle analyse est indispensable. En réalité, elle aurait dû être menée avant de modifier les structures des offres de soins et d’aide à domicile, celles-ci n’étant qu’un instrument au service d’un but ». NOMAD a donc été adopté sans que l’on ait la moindre idée ni des besoins auquel il est censé répondre, ni des coûts que sa mise en place ne manquera pas d’occasionner. Il n’y en effet que le Conseiller d’Etat Roland Debély à croire que le Conseil d’administration et la direction générale de NOMAD se composeront de bénévoles, et que les infrastructures seront gracieusement mises à disposition par un généreux sponsor.
imageLe 27 mars 2007, une manifestation de collaborateurs des institutions de soins encadrés par le syndicat SSP ont manifesté sous les fenêtres du gouvernement leur mécontentement à l’encontre de la mise en œuvre du volet salarial de la CCT santé 21. D’aucuns se sont offusqués de la tenue de cette manifestation au motif que dès lors que les accords avaient été dûment négociés par toutes les parties, leur remise en cause décrédibilisait le partenariat social. De prime abord, cette manifestation peut en effet sembler manquer de légitimité. Sauf si, après examen de la situation, il s’avère qu’il y a eu un décalage entre les accords conclus et leur application.
imageMonsieur le Conseiller Fédéral,
}Je dois vous faire un aveu : quand vous paradez à Cannes, vous m’amusez. Mais quand, chaque automne, vous déambulez à l’île St-Pierre, vous m’agacez. Naturellement, la promotion du cinéma suisse est un sujet beaucoup plus glamour que l’annonce de la sempiternelle hausse des cotisations maladie.

Ainsi donc, Monsieur le Conseiller fédéral, il semblerait que cette année ces hausses devraient être de l’ordre de 3% en moyenne nationale. La plus faible depuis l’introduction de la LAMal en 1994. Et grâce à qui ? A vous, bien sûr ! Et grâce à quoi ? D’après vous, à la baisse de 300 millions sur le prix prohibitif des médicaments que vous avez imposée - à la seule force de vos bras noueux - à l’industrie pharmaceutique. Au surplus, l’abaissement des réserves des caisses maladie – 100 millions pour le seul Groupe Mutuel, pour ne mentionner que cet assureur que vous connaissez certainement – n’y serait pour rien.

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