Au terme d’une longue étude démarrée en 2008, le Conseil d’Etat s’apprête à soumettre au Grand Conseil un projet de planification médico-sociale pour les personnes âgées de notre canton.
Ce projet porte à l’évidence les marques de fabrique de son concepteur, l’ancien chef du service de la santé publique Jean-Paul Jeanneret : privilégiant avant tout le maintien à domicile, il a été élaboré pour ainsi dire sans consulter ni les professionnels, ni les personnes âgées concernées et il repose pour sa réalisation sur la contribution souhaitée des communes, de bénévoles et autres proches aidants.
Avec son aimable autorisation, nous publions ci-dessous la réponse de l’Association ANEDEP (Association Neuchâteloise des Directeurs d’Etablissements médico-sociaux Privés) à la consultation en cours. Globalement, la position exprimée par l’ANEDEP rejoint celles exprimées par les autres associations d’EMS.








Dans son récent ouvrage (La santé dans le canton de Neuchâtel, un E/état précaire qui ne présage rien de bon, éd. Mon Village), Philippe Maire a essayé de présenter pour quelles raisons le système de soins neuchâtelois est trop coûteux et dysfonctionnel. Selon cet expert en gestion hospitalière, la nécessaire réforme sanitaire en cours, loin de le rendre plus économique et plus efficace, produit des effets contreproductifs et pathogènes : stress alarmant des collabo-rateurs des institutions hospitalières et dégradation de la qualité des soins.
Telle est la question à laquelle Philippe Maire tente de donner des éléments de réponse dans son livre intitulé « La santé dans le canton de Neuchâtel - Un E/état précaire qui ne présage rien de bon ».
Il est aujourd’hui largement admis que le système de santé appliqué en Occident est malade. Les symptômes sont connus : les résultats thérapeutiques sont décevants - alors que les coûts de soins sont en constante et inévitable augmentation - et des pratiques sanitaires déshumanisées caractérisent de trop nombreuses institutions de soins. 



Préparé de longue date dans les commissions de l’Etat, le rapport du Conseil d’Etat sur le projet de loi sur le Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP) est soumis au Grand Conseil dans sa prochaine session (29-30 mai 2007).
Au départ, en 2005, nous pensions avoir atteint le fond du gouffre creusé par la gestion égotique de Monika Dusong : après Genève, Bâle-Ville et Vaud, Neuchâtel était le canton dont les coûts de soins étaient les plus élevés de Suisse. Conséquence logique d’une gestion pitoyable des finances publiques, notre canton se caractérisait par une fiscalité parmi les plus lourdes, des primes d’assurance maladie parmi les plus élevées de Suisse et figurait au quatrième rang des cantons les plus endettés par habitant.
Dans la foulée de l’acceptation de NOMAD (Neuchâtel organise le maintien à domicile), les députés du Grand Conseil adoptaient sans opposition le 6 septembre 2006 un postulat radical demandant « un état des lieux général des besoins et possibilités en matière de maintien et de soins à domicile, afin de développer cette politique dans le canton ». Le postulat précisait qu’une « telle analyse est indispensable. En réalité, elle aurait dû être menée avant de modifier les structures des offres de soins et d’aide à domicile, celles-ci n’étant qu’un instrument au service d’un but ». NOMAD a donc été adopté sans que l’on ait la moindre idée ni des besoins auquel il est censé répondre, ni des coûts que sa mise en place ne manquera pas d’occasionner. Il n’y en effet que le Conseiller d’Etat Roland Debély à croire que le Conseil d’administration et la direction générale de NOMAD se composeront de bénévoles, et que les infrastructures seront gracieusement mises à disposition par un généreux sponsor.

