6 septembre 2006, NOMAD (Neuchâtel Organise le Maintien à Domicile) est voté par 72 voix contre 26. Résultant de la fusion des anciennes fondations d’aide et de soins à domicile, cette structure est destinée à devenir la « pierre angulaire », le « pilier central » du système sanitaire neuchâtelois.
Mais l’enfant est mal-né, ou pour reprendre la métaphore de ses géniteurs – Jean-Paul Jeanneret et Roland Debély ; dans l’ordre – la pierre est mal taillée ou le pilier déformé à la façon d’un pied bot.
A peine la Loi est-elle ratifiée que les députés(e) du Grand Conseil adoptaient le même jour et sans opposition un postulat radical demandant « un état des lieux général des besoins et possibilités en matière de maintien et de soins à domicile, afin de développer cette politique dans le canton ». Le postulat précisait qu’une « telle analyse est indispensable. En réalité, elle aurait dû être menée avant de modifier les structures des offres de soins et d’aide à domicile, celles-ci n’étant qu’un instrument au service d’un but ». NOMAD a donc été adopté sans que l’on ait la moindre idée ni des besoins auquel il est censé répondre, ni des coûts que sa mise en place ne manquera pas d’occasionner !...
Décembre 2010, le Conseil d’Etat présentera au Grand Conseil un plan d’assainissement composé d’un crédit de Frs 6'290'000.--, d’un cautionnement de Frs 2'000'000.-- et d’une augmentation du budget opérationnel de 2011 de 2'400'000.-- par rapport à celui de 2010.
Que s’est-il passé pour que NOMAD se trouve - quatre ans après sa création - au bord du dépôt de bilan et qu’un nombre important de ses collaborateurs souffrent, à des degrés divers, de burn-out ?